« Vous qui entrez, laissez toute espérance »

(Dante Alighieri, "Divine Comédie : L’Enfer")

Je dédie cette série à toutes les victimes de la barbarie des hommes.

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Ils étaient communistes, socialistes, résistants, juifs, catholiques, protestants, francs-maçons, homosexuels et autres "associaux".
Ils étaient... les "morceaux".

Lorsqu'on les capturait, et s'ils n'étaient pas tués directement sur place, c'est ici qu'ils étaient ... concentrés.
Ici, dans le Fort de Breendonk, devenu pour l'occasion le sinistre Auffangslager Breendonk, ou dans un autre de ces maudits camps nazis.

Ils arrivaient par la voie ferrée, entassés comme du bétail dans d'obscurs wagons de bois et d'acier.
 

Quand les wagons s'arrêtaient, ils devaient alors traverser un sinistre pont gardé par des soldats en armes qui surplombait les douves creusées autour du vieux fort.

Après avoir traversé le pont de la mort tels des âmes perdues traversant le Styx, ils pénétraient alors dans l'enceinte du fort, entourée de barbelés, de miradors et de vigiles.

   


 

Ils avaient le sinistre privilège d'être les seuls "invités" admis au sein du club très fermé des prisonniers du Fort de Breendonk.


Là, devant l'entrée du fort, ils perdaient toute identité, toute dignité, et devenaient des "Stücke", des ... "morceaux".
C'est ainsi que les nazis les appelaient...

Après avoir subi les premières brimades, ils étaient amenés dans la gueule du monstre.


   

Ils étaient parqués dans des chambrées, bien trop petites, sous la surveillance d'un Kapo
Les "morceaux" dormaient sur des paillasses poisseuses posées sur d'inconfortables lits de bois.



Les vitres des fenêtres étaient peintes, maladroitement, juste assez pour empêcher toute vue vers l'extérieur... et pour ne laisser pénétrer que le minimum de lumière... juste le minimum vital, comme pour tout le reste.

 
Ils faisaient leur toilette ensemble, tout comme leur besoins, sous une surveillance permanente et humiliante.


Les travaux forcés et les brimades en tous genres constituaient leur quotidien.

   
Le moindre écart menait immanquablement les "morceaux" dans de sombres et sordides cachots ou vers la salle des tortures.

 

Beaucoup d'entre eux n'ont quitté le fort que par la maladie, l'échafaud ou le poteau d'exécution.


Pour les "morceaux", il n'y avait bien souvent qu'une seule et unique porte de sortie... celle de l'atelier de menuiserie où étaient confectionnés leurs cercueils.


C'était il y a environ 3/4 de siècle.
C'était hier, à l'échelle de l'histoire.


Mais c'est aujourd'hui aussi, ailleurs, dans d'autres camps,
dans d'autres régions, par d'autres bourreaux,
d'autres "morceaux" souffrent et meurent.

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